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Sociologie du vote Publié le 20 janvier 2012, La droitisation du milieu gay est un fantasme !

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Philou92
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20012012

Sociologie du vote Publié le 20 janvier 2012, La droitisation du milieu gay est un fantasme !

Message par Philou92

L'identité sexuelle est un aspect souvent négligé des grandes enquêtes électorales en sociologie politique. L'analyse croisée d'études conduites par l'Ifop pour le Cevipof permet de lever le voile sur les comportements électoraux des minorités sexuelles.
D’après cette enquête, les gays, bis et lesbiennes représenteraient 6,5% de la population âgée de 18 ans et plus (3% se revendiquant homosexuelles, 3,5% comme bisexuelles) Crédit Reuters

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En France, les enquêtes consacrées à l’influence de l’orientation sexuelle sur les comportements électoraux sont rares, voire inexistantes. En effet, si le genre est un sujet richement exploré en sociologie politique, l’identité sexuelle est un objet d’étude délaissé, aussi bien dans les sondages post-électoraux conduits par les instituts (SSU, sondages le jour du vote, etc.) qu’au sein des grandes enquêtes électorales à vocation académique (BPF, Panel Electoral Français, etc.).

Il faut dire que l’orientation sexuelle étant un construit multidimensionnel et évolutif, sa mesure implique de prendre des précautions méthodologiques, mais aussi de faire un choix parmi les différents indicateurs [1] permettant d’en appréhender les multiples facettes (attirance pour une personne de son sexe, pratiques sexuelles avec une personne du même sexe, autodéfinition de son identité sexuelle, etc.).

Le poids des minorités sexuelles dans l’électorat

Invitant à définir soi-même son orientation, l’indicateur d’auto-identification apparaît le plus approprié à une enquête politique - notamment parce qu’il induit l’affirmation d’une identité -, et ceci même s’il est quelque peu restrictif : les individus s’identifiant comme gay, lesbienne ou bisexuel ne représentant qu’une partie des personnes ayant des sexualités marginales. Pour quantifier la population gay, bi et lesbienne, l’Ifop (Institut français d'opinion publique) a donc inséré cet indicateur dans une enquête dont la taille de l’échantillon et le mode de recueil [2] réduisent fortement la marge d’erreur (+ ou - 0,5 point) et les risques de sous-déclarations inhérents au caractère intime et sensible du sujet abordé.

D’après cette enquête, les gays, bis et lesbiennes représenteraient 6,5% de la population âgée de 18 ans et plus (3% se revendiquant homosexuelles, 3,5% comme bisexuelles), soit une proportion similaire à celle récemment observée par l’Ifop [3], mais supérieure à celle mesurée dans les grandes enquêtes de santé publique (Baromètre santé 2005, Enquête CSF 2006, etc.). Si l’on extrapole ces données à l’échelle de la population française en âge de voter, la France compterait 3,2 millions de personnes affirmant une part d’homosexualité [4], dont 1,5 millions d’homosexuel(le)s et 1,7 millions de bisexuel(le)s.

La proportion d’homosexuels et de bisexuels inscrits sur les listes électorales étant identique à leur poids dans l’ensemble de la population, on peut donc évaluer à 2,8 millions les électeurs revendiquant une part d’homosexualité [5]. Le poids électoral des bis et des homosexuels (6,5%) est donc loin d’être négligeable si on le compare, par exemple, aux pans de l’électorat les plus éloignés de leurs aspirations politiques, tels que le noyau dur des catholiques pratiquants (4,5% de « messalisants » en 2006 [6]) ou encore, l’ensemble des musulmans inscrits sur les listes électorales (5% en 2007 [7]).

Les caractéristiques de la population bi ou homosexuelle

Les minorités sexuelles forment une sous-population essentiellement masculine (à 68% contre 46% chez les hétérosexuels) dans laquelle la proportion de personnes nées à partir des années 60, c'est-à-dire âgées de moins de 50 ans, est nettement plus élevée (66%) que dans le reste de la population (53%). Cette caractéristique, déjà observée lors d’enquêtes précédentes, s’explique par le fait que la mémoire et les déclarations des personnes âgées de plus de 50 ans sont, sur ce sujet, affectées par la non acceptation de l’homosexualité dans leurs générations [8].

Cette sous-représentation des femmes et des séniors n’est pas étrangère au taux d’activité très élevé mesuré dans la population homo-bisexuelle (70% contre 56% chez les hétérosexuels), d’autant plus que les CSP+ (catégorie socio-professionnelles supérieures) sont surreprésentées dans la population active non-hétérosexuelle (27% contre 21% dans la population active hétérosexuelle), notamment dans sa composante exclusivement homosexuelle (30%). A l’inverse, le poids des catégories populaires (employés, ouvriers) dans la population active est plus faible chez les homosexuels (38%) que chez les hétérosexuels (52%), ce qui est sans doute un élément à lier à la faible proportion de non diplômés dans leurs rangs [9].

Reflétant la recherche d’un environnement social plus tolérant, leur concentration en milieu urbain est particulièrement forte en agglomération parisienne, où résident plus d’un quart des homosexuels (28%, contre 15% des hétérosexuels) et, au total, 20% de la population bi et homosexuelle. Enfin, si leur situation conjugale et familiale est naturellement très spécifique, elle l’est aussi en matière d’appartenance religieuse : seuls 38% des homosexuels et 45% des bisexuels se disent catholiques, contre 53% des hétérosexuels. En revanche, les minorités sexuelles affichent un penchant plus marqué pour les religions minoritaires : les homosexuels s’identifiant à une autre religion que le catholicisme étant deux fois plus nombreux (16%) que dans l’ensemble de la population (7%).

Les attitudes politiques et les comportements électoraux des Français affirmant une part d’homosexualité

Les indicateurs politiques attestent tous du profond ancrage à gauche des électeurs bis et homosexuels, de leur net rejet de la droite parlementaire, mais aussi d’un attrait pour l’extrême droite tout aussi prononcé que chez l’ensemble des Français.

En termes de positionnement partisan, les résultats de notre enquête confirment ainsi les tendances observées par l’Ifop au printemps dernier [10], à savoir :
■un penchant très marqué pour la gauche - la moitié d’entre eux affirmant leur proximité avec un parti de gauche (50%) contre un gros tiers des hétérosexuels (37%) - et tout particulièrement chez les électeurs exclusivement homosexuels (56%) ;
■un déficit de sympathie pour la droite parlementaire (15% contre 21% chez les hétérosexuels) ;
■une propension à se situer proches du FN (10%) aussi forte que dans le reste de la population (9%).
■ une conscience politique plus aigüe, avec une capacité à se positionner politiquement plus élevée que la moyenne (88% des homosexuels se disent proches d’un parti, contre 75% des hétérosexuels).



Fréquemment observé chez les minorités, ce rapport particulier au politique se traduit chez les électeurs homosexuels par une participation plus forte aux dernières élections, mais aussi par un niveau d’indécision électoral plus faible. Ainsi, si leur intention de participer au prochain scrutin présidentiel est à peine plus élevée que la moyenne (78% des homosexuels sont tout à fait certains d’y participer, 76% des hétérosexuels), on recense dans leurs rangs plus d’électeurs sûrs de leur choix (61%, contre 54% chez les hétérosexuels) ou en mesure d’exprimer une intention de vote précise au premier tour (88% des homosexuels, contre 85% des bisexuels et 81% chez les hétérosexuels).

On retrouve d’ailleurs dans leurs intentions de vote du premier tour le même rapport de force qu’en matière de proximité politique.
■ Les candidats de gauche attirent la moitié des suffrages des minorités sexuelles (49,5%, contre 40,5% chez le reste des Français), sachant que dans les rangs des homosexuels, les intentions de vote en faveur de la gauche sont encore plus élevées : 53% au total, dont un tiers pour François Hollande.
■ Le potentiel électoral de François Bayrou est aussi un peu plus élevé dans leurs rangs (9%) que dans le reste de l’électorat (6,5%), tout comme d’ailleurs l’est le nombre de sympathisants du Modem (9% contre 7% chez les électeurs hétérosexuels).
■ A l’inverse, les candidats de la droite parlementaire (Nicolas Sarkozy, Dominique de Villepin, …) rassemblent à peine 20% des intentions de vote des homosexuels et 25% de celles des bisexuels, soit un niveau largement inférieur à celui mesuré chez l’ensemble des Français (32,5%).
■ Fait marquant et partiellement contre-intuitif, la tentation de l’extrême droite est aussi forte dans les rangs des personnes affirmant une part d’homosexualité (17% chez les homosexuels, 20% chez les bisexuels) que chez l’ensemble des Français (19,5%) : Marine Le Pen recueillant le même nombre de suffrages chez les hétérosexuels (19,5%) que chez les non-hétérosexuels (19%).



Au second tour, les deux tiers des suffrages des électeurs non hétérosexuels se porteraient sur le candidat de gauche (67% contre 57% des voix des hétérosexuels), faisant ainsi gagner à François Hollande un point d’intentions de vote sur l’ensemble des votants (58%).

Dans le détail des résultats, il est intéressant de noter que les individus s’identifiant comme gay et lesbienne penchent toujours plus à gauche que les bisexuels, et ceci que ce soit en matière de proximité politique (56% d’entre eux se disent proches d’un parti de gauche, contre 45% des bisexuels) ou d’intentions de vote (53% voteraient pour un candidat de gauche, contre 47% des bisexuels). Cet élément irait donc dans le sens de certaines études américaines affirmant que les électeurs assumant totalement leur homosexualité tendent à soutenir les partis défendant les valeurs de libéralisme culturel, alors que ceux qui n’ont pas fait leur "coming out" restent plus sensibles à un discours conservateur. Aussi séduisante soit-elle, cette idée n’en reste pas moins difficile à confirmer, compte tenu du fait que le clivage « homos / bis » ne recoupe pas forcément le clivage « outés » / « non outés ».

Des minorités sexuelles relativement constantes dans leurs choix électoraux

On observe une certaine stabilité dans les choix électoraux des personnes affirmant une part d’homosexualité lorsqu’on compare leurs votes à la dernière élection présidentielle (2007), et leurs intentions de vote au premier de tour du prochain scrutin présidentiel (2012).




Contrairement à certaines thèses défendant l’idée d’une « droitisation du milieu gay » [1], sa distance à l’égard de la droite parlementaire est toujours aussi forte (22,5%) qu’en 2007 (24%), notamment chez les gays et lesbiennes où le potentiel électoral de la majorité présidentielle est strictement identique aux suffrages recueillis par ses candidats en 2007 (20%). Au contraire, l’électorat bi et homosexuel apparaît plus ancré à gauche (49,5%) qu’il y a cinq ans (44%), suivant d’ailleurs en cela la même évolution que chez l’ensemble des Français.

Quant à l’extrême droite, elle renforce son assise auprès d’un électorat où le potentiel de vote en faveur de Marine Le Pen (19,5%) est aujourd'hui supérieur aux suffrages recueillis par son père en 2007 (14%). Cette progression est toutefois à relativiser, d’abord parce qu’elle est d’une ampleur deux fois moins importante que chez l’ensemble des Français, ensuite parce qu’on n’observe plus dans l’électorat gay, bi et lesbien le même sur-vote lepéniste qu’en 2007. En effet, dans sa composante exclusivement homosexuelle, les intentions de vote lepénistes (17%) sont aujourd'hui inférieures à celles mesurées chez les électeurs hétérosexuels (19,5%), alors que c’était le contraire en 2007 (13% chez les homosexuels contre 10,5% chez les hétérosexuels).

" Moins abstentionnistes, moins hésitants et plus constants dans leurs choix que le reste des Français, les électeurs affirmant une part d’homosexualité expriment clairement un penchant pour la gauche et leur distance à l’égard de la droite. Les homosexuels ne forment pas pour autant un électorat monolithique, dont les choix électoraux seraient exclusivement déterminés par leur orientation sexuelle. Mais leur rejet de la droite parlementaire est si profond qu’ils devraient être peu sensibles à une inflexion du discours de son principal candidat sur leurs revendications en général, et sur le mariage gay en particulier. "




Source : François Kraus, « Gays, bis et lesbiennes : des minorités sexuelles ancrées à gauche », CEVIPOF, Les électorats sociologiques », n°8 – 18 janvier 2012.


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[1] MICHAELS (S.) et LHOMOND (B.), " Conceptualization and measurement of homosexuality in sex survey : a critical review ", Cad. Saude Publica, Rio de Janeiro, 22 (7), p 1365-1374.


[2] Etude réalisée en octobre 2011 par questionnaire auto-administré on line auprès d’un échantillon national représentatif de 9 515 personnes âgées de 18 ans et plus.


[3] CANN (Y.-M.), KRAUS (F.), " Le profil de la population gay et lesbienne en 2011 ", Ifop / Têtu, Juin 2011


[4] Extrapolation à partir de l’estimation de population métropolitaine réalisée par l’Insee fin 2010


[5] Sur la base de 42 912 552 Français inscrits sur les listes électorales fin 2010 (Insee, fichier électoral 2010).


[6] FOURQUET (J.), " Le catholicisme en France ", Ifop / La Croix, Août 2010


[7] DARGENT (C.), Le vote des musulmans, Les électorats sociologiques, CEVIPOF, n°5 – Décembre 2011.


[8] BAJOS (N.), BELTZER (N.) (dir.), " Les sexualités homo-bisexuelles ", pp. 243-272 in Enquête sur la sexualité en France : pratiques, genre et santé, dir. BAJOS (N.) et BOZON (M.), Paris, La Découverte, 2008, 609 p.


[9] JOUVIN (E.), BEAULIEU (D.), JULIEN (D.), "Minorités sexuelles : des populations plus exposées que les autres ? ", p.359 in Baromètre Santé 2005, dir. BECK (F.), GUILBERT (P.), GAUTIER (A.), Saint-Denis, INPES, 2007, 570 p.


[10] PARANT (P.), " Enquête : Mais pour qui votent les homos? ", Têtu.com, 25 juin 2011

http://www.atlantico.fr/category/mots-cles/dominique-de-villepin


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